
La Journée mondiale de la santé, célébrée chaque année le 7 avril sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé, permet de concilier les priorités sanitaires à l’échelle mondiale et les actions concrètes.
En 2026, le thème de la campagne est « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science ».
Cet accent mis sur une prise de décision fondée sur des données probantes, le renforcement de la confiance dans la santé publique, et la promotion de solutions scientifiques menées par les pays pour un avenir plus sain correspond parfaitement à la vision et au fonctionnement du réseau REACH.
Relever les défis persistants
La Dre Camilla Ducker, directrice du réseau REACH, explique :
« À la base, le réseau REACH est une plateforme collaborative qui rassemble des décideurs politiques, des chercheurs et des professionnels de la santé publique de toute l’Afrique de l’Ouest et au-delà, afin de s’attaquer à l’un des défis sanitaires les plus tenaces au niveau mondial : la mortalité infantile évitable. »
« Grâce à l’administration de masse d’azithromycine, associée à d’autres interventions évolutives et équitables, REACH opère à la croisée de la science et de la mise en œuvre des politiques de santé publique. »
Notre travail en tant que réseau, grâce notamment au dévouement de nos équipes nationales, illustre les principes de la Journée mondiale de la santé 2026 : il est guidé par la science et s’appuie directement sur des données issues d’essais rigoureux, complétées par la surveillance, le suivi et les données probantes recueillies sur le terrain.
« C’est sur cette base que toutes nos interventions sont menées dans des communautés à travers l’Afrique de l’Ouest. »

Perspective du Burkina Faso
La campagne de la Journée mondiale de la santé, en mettant l’accent « sur des données probantes, des faits et des conseils basés sur la science pour protéger la santé », constitue une reconnaissance importante du rôle essentiel des connaissances scientifiques dans l’efficacité des systèmes de santé.
Un exemple concret est celui du Burkina Faso où, après des années d’études scientifiques rigoureuses et minutieuses, le ministère de la Santé a autorisé l’extension de l’intervention REACH , avec le déploiement progressif des campagnes d’administration de masse d’azithromycine pour la survie de l’enfant dans le pays.
Ainsi, durant les deux premiers trimestres de 2026, l’équipe REACH au Burkina Faso a été extrêmement occupée à élaborer et à faire valider un plan de travail annuel, un plan de communication, des directives nationales de mise en œuvre des campagnes, à mener un travail de sensibilisation assidu, à mettre en place et à développer l’infrastructure essentielle pour les activités REACH au Burkina, avec l’aide des autorités sanitaires et des acteurs du niveau déconcentré.

Appropriation par les pays pour une meilleure santé
Selon le point focal national du réseau REACH pour le Burkina Faso et coordinateur du projet MIRAMA auprès d’Helen Keller International, le Dr Souleymane Sidibé,
« Le modèle REACH, fondé sur les évidences scientifiques, l’appropriation nationale, l’apprentissage auprès des pairs dans les pays voisins et des partenariats solides avec les autorités nationales, démontre qu’il est possible de fédérer les acteurs autour de la santé et de s’appuyer sur des données probantes au service des communautés, en particulier celles qui bénéficient le plus des interventions essentielles de survie de l’enfant telles que REACH. »
Le travail que nous menons dans les communautés à travers le Burkina Faso contribue à un engagement régional en faveur de connaissances opérationnelles , fondées sur des preuves, que les gouvernements peuvent mobiliser pour prendre des décisions éclairées en vue de la mise à l’échelle de programmes vitaux pour les enfants, en particulier dans les zones les plus touchées par une mortalité infantile élevée.
Créer des cercles vertueux
Tout aussi important est le deuxième objectif de la Journée mondiale de la santé pour 2026 : instaurer – ou rétablir – la confiance dans la science et la santé publique.
La confiance est un élément catalyseur essentiel de l’efficacité de toute intervention de santé publique.
Lorsque les interventions réussissent, elles sont accueillies et suscitent l’adhésion des communautés, qui souhaitent alors les voir intégrées aux services de routine. Cela est particulièrement vrai dans les contextes où l’accès aux soins est limité, où des inégalités historiques ont érodé la confiance envers les systèmes de santé.
L’approche collaborative de REACH, pilotée par les pays, est essentielle à cet égard.
Le coprésident du réseau REACH, le professeur Samba Sow, rajoute :
« En collaborant étroitement avec les autorités nationales et en intégrant la recherche au sein des systèmes de santé existants », dit-il, « le réseau REACH garantit des interventions non seulement fondées sur des données probantes, mais également adaptées au contexte local et culturellement acceptables. »

« À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, et chaque jour en réalité, les progrès scientifiques doivent s’accompagner d’une collaboration étroite sur le terrain, afin de traduire les données probantes en actions concrètes et tangibles au service des communautés et des familles. »
« REACH illustre ce principe : les connaissances acquises dans un contexte donné peuvent éclairer les stratégies dans un autre, permettant ainsi un développement mutuel au sein d’un réseau de partenaires, et un renforcement de la résilience des systèmes de santé à l’échelle régionale. »

Professeur Samba O Sow
Coprésident du réseau REACH
La science au service de la couverture sanitaire universelle
Le troisième pilier de la campagne de la Journée mondiale de la santé de cette année – soutenir des solutions fondées sur la science pour un avenir plus sain – trouve une expression claire dans l’accent mis par le réseau REACH sur des interventions évolutives et rentables.
Les programmes d’administration de masse de médicaments, lorsqu’ils s’appuient sur des données probantes robustes et s’accompagnent de dispositifs rigoureux de suivi et de surveillance des taux de mortalité ainsi que de la résistance aux antimicrobiens, constituent un outil puissant pour réduire la mortalité dans les zones les plus touchées.
Le travail du réseau REACH montre que ces interventions peuvent être conçues, testées et mises en œuvre à grande échelle, contribuant ainsi à réduire le fossé entre la production de connaissances et leur traduction en impacts sanitaires mesurables.
Ceci a des implications directes pour la couverture sanitaire universelle (CSU), dont l’objectif est de garantir que toutes les personnes aient accès aux services de santé dont elles ont besoin sans subir de difficultés financières.
La Dre Ducker explique :
Bien que la CSU soit régulièrement mise en avant comme priorité dans les thèmes de la Journée mondiale de la santé, la mise en place d’une couverture sanitaire universelle, capable d’améliorer concrètement la vie des individus et des communautés à travers le monde requiert un engagement en faveur de solutions pratiques, fondées sur des données probantes, et pouvant être mises en œuvre de manière équitable et durable.

Feasibility and affordability
« REACH contribue à cet objectif en se concentrant sur des interventions qui sont précisément abordables et réalisables. Dans les contextes de ressources limitées, cet aspect est primordial », déclare la Dre Ducker.
« Alors que nous abordons l’avenir depuis un présent incertain, nous devons veiller à ce que nos meilleures interventions pour la survie de l’enfant visent ces deux objectifs. »
« Ce n’est qu’alors que nous serons en mesure d’honorer nos engagements envers toutes les communautés du monde : garantir à chacun, où qu’il soit, un accès aux services de santé qui lui permettront, ainsi qu’à sa famille, de vivre pleinement, de travailler, de s’épanouir et de réussir. »

