L’équipe REACH Niger publie des conclusions importantes sur la RAM dans une revue prestigieuse

Félicitations à l’équipe REACH Niger pour la publication, dans la prestigieuse revue Nature Medicine, des résultats issus du programme AVENIR, un projet national mené sur plusieurs années.

La publication intitulée « Mass azithromycin distribution and antibiotic resistance in the gut and nasopharynx: a cluster-randomized trial » (« Distribution de masse d’azithromycine et résistance aux antibiotiques dans l’intestin et le nasopharynx : un essai randomisé par grappes ») est le fruit d’un travail de terrain minutieux mené sur plusieurs années, ainsi que de la mobilisation d’équipes scientifiques pour apporter des réponses à certaines des questions les plus cruciales concernant l’administration de masse de médicaments (AMM) face à la menace croissante de la résistance aux antimicrobiens (RAM).

Une étape importante

La publication des résultats dans cette revue prestigieuse marque une étape importante, tant pour l’équipe de recherche elle-même que pour le réseau REACH, qui regroupe des institutions de recherche, des ministères de la Santé, des responsables politiques et des partenaires de mise en œuvre travaillant ensemble pour réduire la mortalité infantile évitable grâce à des solutions équitables mises en oeuvre à grande échelle.

L’équipe de l’étude AVENIR au Niger est formée sur la base d’un partenariat durable entre le Centre de Recherche et Interventions en Santé Publique (CRISP), à Birni N’Gaoure (Niger), le Programme National de Santé Oculaire, à Niamey (Niger), et le Doan Lab de l’Université de Californie à San Francisco (États-Unis).

L’article de l’équipe de recherche examine les implications des AMM sur les taux de RAM, notamment lorsque celles-ci sont utilisées pour la réduction de la mortalité infantile.

Équilibrer les risques et les gains

Menée dans le cadre d’un vaste essai randomisé par grappes au Niger, l’étude de l’équipe a comparé différentes stratégies d’administration ciblant des tranches d’âge distincts (enfants âgés de 1 à 59 mois, enfants de 1 à 11 mois, et un groupe placebo) afin d’évaluer leur impact sur la résistance au sein des microbiomes intestinal et nasopharyngé.

Bien que des essais antérieurs aient clairement démontré des bénéfices substantiels de l’administration biannuelle d’azithromycine en termes de réduction de la mortalité, le débat s’est récemment concentré de plus en plus sur la nécessité de trouver un équilibre prudent entre les gains immédiats et futurs, et le risque d’accélération de la résistance aux antibiotiques.

Les résultats de l’équipe AVENIR indiquent que l’administration de masse répétée d’azithromycine entraîne une légère augmentation de la résistance aux macrolides dans le microbiome intestinal, en particulier lorsque la distribution inclut les enfants plus âgés, mais ne produit aucune augmentation statistiquement significative de la résistance dans le nasopharynx.

Ciblage précis par tranche d’âge

Le ciblage exclusif des nourrissons (âgés de 1 à 11 mois) a entraîné des taux de résistance moins marqués que l’AMM à l’ensemble de la population des moins de cinq ans, ce qui laisse entendre qu’un ciblage plus restreint pourrait préserver les bénéfices de l’AMM à l’azithromycine sur la mortalité tout en atténuant certains des risques les plus préoccupants liés à la résistance aux antimicrobiens.

Cette étude fournit des données précieuses sur les effets de l’utilisation d’antibiotiques sur la résistance au niveau de la population, un aspect essentiel de la gestion des antimicrobiens, principe clé de la Déclaration d’Abuja sur la survie de l’enfant.

Les auteurs de l’article plaident également en faveur de la mise en place de systèmes de surveillance de la RAM concomitamment à la mise à l’échelle de l’AMM à l’azithromycine, afin de pouvoir détecter les impacts à plus long terme ou à plus grande échelle.

Préserver l’efficacité du programme à long terme

L’étude suggère que la conception des programmes – en particulier le ciblage par tranche d’âge et la fréquence de l’administration – peut influencer de manière significative l’évolution de la résistance. Ce constat vient appuyer l’approche « sur mesure », pilotée et adaptée localement dans les pays REACH pour l’administration de masse d’azithromycine, une stratégie que les coprésidents du réseau REACH défendent avec tant de conviction.

L’étude de l’équipe AVENIR, en fournissant une quantification rigoureuse des bénéfices et des risques, apporte également une contribution importante des équipes REACH à la gestion responsable de la RAM dans le cadre de l’AMM à l’azithromycine.

Cela illustre l’engagement du réseau REACH en faveur de stratégies fondées sur les données probantes, qui protégeront les générations actuelles et futures contre les menaces liées aux maladies infectieuses, et qui préserveront les médicaments que nous utilisons pour les traiter.

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